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Docteur Charlier Philippe

"On creuse sa tombe avec les dents". Anthropologie médicale autour de la denture.

Avec un double regard médical et anthropologique, on verra comment le tissu ostéo-dentaire a toujours été au centre du ressenti de l'individu.
Squelettes antiques, portraits royaux, moulages mortuaires, masques océaniens,... Autant de patients pas comme les autres qui nous guideront dans ce voyage initiatique autour de la dent et des hommes.

Philippe Charlier, 37 ans, docteur en médecine (anatomie pathologique, médecine légale), docteur ès-lettres (archéologie-anthropologie, EPHE 4, Sorbonne), docteur ès-sciences (éthique, Paris 5).

MCU-PH (HDR) en médecine légale.  UFR des Sciences de la Santé (Université de Versailles Saint-Quentin en Yvelines-APHP), dirige l'équipe d'anthropologie médicale et médico-légale.

Interview de Philippe Charlier

Vous avez donné le titre « On creuse sa tombe avec ses dents» à votre conférence inaugurale.
Pourquoi ?

 
Philippe Charlier : Ce proverbe d’anthropologue est une constatation de plusieurs sociétés anciennes, notamment qu’une dent mal soignée est un « ascenseur pour la tombe ». Nos ancêtres avaient un symbolisme et une utilité de la dent – au cours de la vie et surtout post-mortem – qui sont totalement différents des nôtres. Lors de ma conférence, j’expliquerai comment la dent, objet esthétique mais également dangereux, voire mortel si infecté, reflétait la physionomie et l’appartenance d’un individu à une société. 
 
Auriez-vous  des exemples concrets ?
 
Philippe Charlier : Une dent peut être redressée, décorée ou retirée de la bouche d’une personne et remise dans la bouche d’une autre. Elle peut être sculptée, ce qui montrait par exemple l’appartenance à un clan en Afrique noire ou en Asie. Elle peut aussi être colorée, comme au Japon traditionnel où, après le mariage, les dents de la mariée étaient noircies avec du mercure pour qu’elle ne soit plus désirable par autrui. Selon certaines croyances, les dents pouvaient aussi avoir un pouvoir divin, notamment celles des rois de France, dont les tombeaux ont été pillés après la Révolution, leurs dents étaient alors retirées et portées comme talismans contre les maladies. 
 
Lors de votre travail, vous avez pu examiner les restes de plusieurs grands personnages de l’Histoire, entre autres Richard Cœur de Lion, Agnès Sorel, Diane de Poitiers et plus récemment Descartes. Est-ce que vous allez les mentionner dans votre conférence ?
 
Philippe Charlier : Bien sûr, je vous parlerai de ces patients ! Mais aussi de Marie-Antoinette, par exemple, dont la denture a été rectifiée à la demande de Louis XV avant le mariage avec le futur Louis XVI, grâce à un appareil dentaire. Ses dents améliorées, mais loin d’être parfaites, ont permis à Chateaubriand d’identifier son squelette « par son beau sourire » au moment de son exhumation bien des années après sa décapitation. Les dents d’Agnès Sorel, la maîtresse de Charles VII, ont aussi une rocambolesque histoire post-mortem : récupérées après sa mort par les aristocrates pour en faire des prothèses, ils en firent des « bridge » - considéré comme le top du chic à l’époque.

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